La Make automatisation a beaucoup évolué en 2026 : un assistant IA qui construit les scénarios, des agents IA natifs, une gestion des versions enfin lisible et la suppression d'un réglage historique au 1er octobre. Voici ce qui a réellement changé cet automne, ce que cela implique pour vos scénarios en production et comment décider si Make reste le bon outil pour vos processus.

Make en deux mots

Make (anciennement Integromat) est une plateforme d'automatisation sans code : vous assemblez visuellement des scénarios composés de modules, chacun branché sur une application (CRM, messagerie, comptabilité, e-commerce, tableur). Un déclencheur lance le scénario, les modules suivants transforment les données et agissent dans les autres outils. La facturation repose sur des crédits consommés à chaque opération.

Pour une PME, l'intérêt est connu : relier en quelques jours des outils du marché sans écrire de code, grâce à un très large catalogue de connecteurs prêts à l'emploi. C'est l'une des solutions que nous configurons régulièrement pour nos clients, aux côtés de n8n et de Power Automate.

Ce qui a changé cet automne

Le journal des nouveautés de Make, publié sur son centre d'aide, recense plusieurs évolutions qui concernent directement les scénarios en production.

  • Suppression des cycles au 1er octobre 2026. Le réglage « Cycles per run » a disparu : chaque exécution ne réalise plus qu'un seul passage. Make précise que la plupart des scénarios se comportent comme avant ; ceux qui en utilisaient plusieurs doivent augmenter le nombre de résultats traités par le déclencheur ou raccourcir l'intervalle de planification. Les utilisateurs concernés ont été prévenus par e-mail.
  • Versions commentées depuis le 7 octobre. Une nouvelle barre d'outils regroupe test et sauvegarde, et l'option « Save as version » permet de décrire chaque version. L'historique se lit comme un journal des modifications et l'on restaure la bonne version sans multiplier les clones. Disponible sur toutes les offres.
  • Abonnements aux événements depuis le 8 octobre. Make peut envoyer en temps réel, et de façon signée, des notifications vers votre système (par exemple quand une exécution échoue). Fonction réservée aux offres Teams (trois abonnements par organisation) et Enterprise.
  • Nouveau calcul des crédits IA depuis le 25 août. Pour les modèles fournis par Make, les jetons d'entrée et de sortie sont désormais facturés séparément. Make cite l'exemple d'une extraction de données passée d'environ 0,6 à 0,16 crédit, soit 73 % de moins, tandis que les tâches qui génèrent de longs textes à partir d'une consigne courte peuvent coûter davantage. Rien ne change si vous utilisez votre propre clé d'API.

L'IA s'installe au cœur des scénarios

La tendance de fond de l'année est claire : Make devient une plateforme d'agents autant que de workflows.

Maia, un collègue qui construit avec vous

Présentée en août, Maia est un assistant intégré à l'éditeur de scénarios, en bêta publique pour toutes les offres payantes. Vous décrivez le besoin en langage naturel, Maia construit le scénario sur le canevas en expliquant ses choix, et peut aussi corriger une erreur ou expliquer un scénario monté par un collègue. Les mises à jour du 30 octobre ajoutent un mode planification, une mémoire et l'aide à la résolution d'erreurs.

Agents IA, sous-agents et MCP

La nouvelle application Make AI Agents, lancée en février, a reçu en cours d'année l'accès à des outils MCP (le protocole qui connecte une IA à des sources et actions externes), puis des sous-agents en juillet et des connexions de secours en octobre. En parallèle, les « MCP toolboxes » exposent une sélection de vos scénarios comme outils utilisables par des assistants comme Claude ou ChatGPT. Concrètement, un assistant IA peut désormais déclencher un scénario Make validé plutôt que d'agir directement dans vos logiciels.

Le revers : des scénarios qui demandent de l'entretien

Le même journal montre une réalité moins mise en avant : un scénario dépend des API des applications qu'il relie, et ces API évoluent. Sur 2026, Make a notamment signalé la migration obligatoire de Pipedrive vers sa version 2 avant le 31 juillet, la fin d'un ancien point d'accès de Microsoft Dynamics 365 Business Central, la bascule Aircall avant le 30 septembre, la mise à jour des modules de commandes Amazon Seller Central avant le 27 mars 2027, et plusieurs retraits de modèles d'IA.

Make fournit des outils pour absorber ces changements, comme le Module Migrator (avril 2026) qui repère les modules obsolètes. Mais quelqu'un doit lire les annonces, mettre à jour et tester. Trois réflexes simples :

  1. Désigner un responsable des scénarios et une adresse qui reçoit les alertes de Make.
  2. Documenter chaque scénario : ce qu'il fait, les applications touchées, qui l'utilise. Les descriptions de versions arrivent à point nommé.
  3. Surveiller les échecs plutôt que les découvrir quand un client se plaint : gestionnaires d'erreurs, notifications et, pour les offres Teams, abonnements aux événements.

À qui Make convient, et quand aller plus loin

Make est un excellent choix quand vos outils disposent de connecteurs, que les volumes restent maîtrisés et que la logique tient sur un écran : synchronisation CRM et facturation, traitement des formulaires, notifications d'équipe, extraction de données dans des e-mails ou des pièces jointes avec un module d'IA.

Il atteint ses limites dans d'autres situations :

  • un logiciel métier sans API ou avec une base de données à interroger directement ;
  • des données sensibles qui imposent un hébergement maîtrisé ou un auto-hébergement ;
  • des règles métier complexes qui transforment le scénario en plat de spaghettis difficile à relire ;
  • des volumes élevés qui font grimper la consommation de crédits.

Ce n'est pas un choix binaire. Les architectures les plus solides combinent souvent un outil comme Make pour l'orchestration courante et une petite brique développée sur mesure (une API, un connecteur, un traitement de données) pour la partie que l'outil gère mal.

Comment Pulsar Forge vous accompagne

Pour un besoin standard, nous configurons et déployons Make (ou n8n, ou Power Automate selon votre environnement) : cartographie rapide du processus, scénario documenté, gestion des erreurs, transfert à vos équipes. C'est souvent la solution la plus rapide et la plus économique.

Quand le besoin sort du cadre, nous travaillons en Forward Deployed Engineer : un ingénieur déployé au plus près de vos équipes, qui construit dans votre environnement réel, branche l'outil sur vos logiciels métier et reste engagé jusqu'à un résultat mesurable. Découvrez notre approche de l'automatisation de tâches métiers.

Questions fréquentes

Make est-il adapté à une PME ?

Oui, pour connecter des outils SaaS du marché et automatiser des processus de volume modéré, Make est rapide à mettre en place et économique. Au-delà, quand le processus touche un logiciel métier sans connecteur, des données sensibles ou des règles complexes, une brique développée sur mesure prend le relais.

Faut-il agir après la suppression des cycles du 1er octobre 2026 ?

Dans la plupart des cas, non : Make indique que les scénarios continuent de tourner sans intervention. Seuls les scénarios qui utilisaient plusieurs cycles par exécution doivent être ajustés, en augmentant le nombre de résultats traités par le déclencheur ou en planifiant des exécutions plus fréquentes.

Maia peut-elle construire seule nos automatisations ?

Maia, le collègue IA de Make en bêta publique sur les offres payantes, crée et corrige des scénarios à partir d'une demande en langage naturel. Elle accélère la construction, mais ne remplace ni la cartographie du processus, ni les tests, ni la gestion des erreurs.

Make ou un développement sur mesure : comment choisir ?

Make convient quand les outils à relier disposent de connecteurs et que la logique reste lisible sur un écran. Un développement sur mesure devient pertinent quand le volume, la sécurité, l'absence d'API ou la complexité métier rendent le scénario fragile ou coûteux à maintenir.

Vos scénarios Make tournent-ils sans surveillance, ou un processus vous semble-t-il trop complexe pour un outil sans code ? Parlons de votre projet : nous vous dirons franchement si une configuration suffit ou s'il vaut mieux déployer un ingénieur sur votre terrain.